Interview pulses-arts de Jean-Luc Debattice

 

Accueil ----liste Artistes et Spectacles-

Pulses-Arts : Qu'est-ce qui t'a amené à pratiquer cet art ?

Jean-Luc Debattice : Cet art ? Quel art ? Pour moi c'est le mélange. Musique, poésie, chanson, théâtre, écriture et interprétation. Pratique de la voix et pratique d'un instrument. Fils d'artiste peintre, j'ai voulu m'inscrire dans les arts vivants. J'ai d'abord appris la guitare classique sans méthode et en composant d'oreille des espèces de sonates, ensuite des chansons sur mes propres textes ; puis à l'âge de 17 ans, après des années de lycée lamentables, je suis entré au conservatoire de Liège pour y suivre des cours d'art dramatique et de déclamation. J'ai commencé à jouer au théâtre en 67, parallèlement je me produisais dans des cabarets avec ma guitare.

De fil en aiguille, j'ai travaillé à Bruxelles, en Suisse, en France à Besançon et à Paris où je me suis installé à partir de 1988. J'y ai rencontré des musiciens, constitué des groupes, créé des spectacles aussi bien de chansons, que de textes poétiques autour d'un thème et toujours en compagnie de musiciens, et continué à faire du théâtre, en tant qu'interprète, mais aussi quelques fois comme metteur en scène. J'ai fait également beaucoup de radios en tant que comédien et des lectures publiques (poésie, roman, théâtre).

 

Pulses-Arts : Qu'est-ce que tu considères comme les phases essentielles de ton évolution artistique ?

Jean-Luc Debattice : Je n'en sais rien. J'avance, c'est tout, sans trop regarder dans le rétro. Bien sûr, à un moment ou à un autre, je prends des virages et emprunte telle ou telle direction. Il y a aussi, sur le parcours des rencontres importantes. Pour ma part, des musiciens, des poètes, des dramaturges, des comédiens et quelques metteurs en scène.

 

Pulses-Arts : Si tu devais formuler une devise pour pratiquer ton art, quelle serait-elle ?

Jean-Luc Debattice : Sans illusion, mais avec passion. Si l'art ne sert à rien, c'est donc une affaire sérieuse.

 

Pulses-Arts : Dans ton processus de création, quels sont les moments les plus vibrants, ceux qui te donnent des ailes ?

Jean-Luc Debattice : Sentir que tous les ingrédients sont là dans l'assiette, que ça tourne bien et que la mayonnaise prend

 

Pulses-Arts :  En tant qu'artiste, peux-tu définir ta relation directe avec le public ?

Jean-Luc Debattice : Elle est dans l'énergie qu'on lui communique et qu'il nous renvoie, si ce qu'il a reçu de nous est sincère. Il n'y a pas que l'intelligence, il y a la magie de l'instinct et aussi le sens de la dérision qui permet de tour retourner dans l'humour.

 

Pulses-Arts :  En dehors de l'esthétisme et de la maîtrise technique au travers de tes œuvres et de ta manière de pratiquer, y a-t-il une volonté chez toi de faire passer un contenu qui peut être philosophique, mystique, politique, etc…

Jean-Luc Debattice : Philosophique et politique surtout, parce que nous pratiquons un art ici et maintenant, et que nous nous adressons à des hommes et non à des Martiens ; et à moins de considérer les hommes comme des Martiens, je récuse tout mysticisme au nom de l'Esprit Critique, le seul Dieu auquel on puisse décemment croire.

 

Pulses-Arts :  Quelle place a la pratique de ton art dans ta vie, celle d'une passion, d'un métier, d'un mode de vie, de survie, d'une thérapie, etc.

Jean-Luc Debattice : Une passion, une survie, mais le fait que l'on ne puisse plus rien faire d'autre. Comme disait Becket en réponse à la même question : "Bon qu'à ça "

 

Pulses-Arts :  Comment définis-tu la place, voire le rôle que tu tiens en tant qu'artiste dans la société ?

Jean-Luc Debattice : Mouton noir ou loup blanc, c'est quelque fois allumer des lanternes, de vraies lanternes et de mettre en alerte.

 

Pulses-Arts :  Si tu ne pouvais plus pratiquer ton art, chercherais-tu d'autres moyens de t'exprimer, et si oui lesquels ?

Jean-Luc Debattice : Non, maintenant je ne peux plus reculer, sinon ce serait me renier que de prendre la décision soudaine d'aller à la pêche