
Pulses-Arts : Qu'est-ce qui t'a amené à pratiquer cet art ?
Anne Penciolelli : Enfant, j'ai toujours aimé dessiner et quelques adultes de mon entourage ont encouragé mon expression créative. Je me souviens de mes premiers coups de pinceaux sur de grands formats, à la gouache. Je devais avoir 3 ans : Claude, la sœur de ma mère était institutrice dans une petite classe de campagne en Mayenne. Elle affichait clairement un tempérament artistique, fabriquant des marionnettes, tricotant et brodant de beaux motifs. Elle était très joyeuse, et c'est à elle que je dois mes premiers pas en peinture. Mon père a un frère, Paul, qui peint. Durant toute mon enfance, j'ai pu voir ces tableaux accrochés aux murs de la maison de mes grands-parents. Mes parents sont eux-mêmes empreints d'un esprit spontané et libre. Toutes ces ambiances ont sûrement éveillé mon sens créatif.
Par la suite, c'est par les rencontres amicales que j'ai découvert qu'on pouvait penser vivre de son art. Lors d'un premier stage de peinture acrylique, en Corrèze, sur un site qui regroupait plusieurs artistes, j'ai ressenti combien cet univers répondait à ma sensibilité. Je me souviens parfaitement de cet instant où j'ai eu la conviction que c'était « ça » que je devais faire : j'avais 15 ans.
Pulses-Arts : Qu'est-ce que tu considères comme les phases essentielles de ton évolution artistique ?
Anne Penciolelli : Pour l'instant, ma peinture se divise en deux temps qui se différencient par l'utilisation de l'acrylique, puis de l'huile. Deux techniques, deux approches totalement différentes. Mon espoir est de parvenir à faire la synthèse des deux en alliant spontanéité et réflexion.
Pulses-Arts : Si tu devais formuler une devise pour pratiquer ton art, quelle serait-elle ?
Anne Penciolelli : Dessine !
Pulses-Arts : Dans ton processus de création, quels sont les moments les plus vibrants, ceux qui te donnent des ailes ?
Anne Penciolelli : Quand la toile est toute blanche et que je pose le premier trait. Quand le sujet se révèle, qu'il m'étonne et que je peux m'en approcher avec aisance. Quand le tableau est achevé et qu'il me parle.
Pulses-Arts : En tant qu'artiste, peux-tu définir ta relation directe avec le public ?
Anne Penciolelli : En tant que créateur d'image, la communication avec un public se situe dans la narration de ces images. J'aime entendre leurs impressions sensibles par rapport à une image, j'aime raconter le chemin pour arriver jusque là et le chemin entrevu pour demain. Autant sur le plan technique, que sur le plan symbolique, ou formel.
Pulses-Arts : Comment gères-tu la critique en générale, et a-t-elle une quelconque influence sur ton travail ?
Anne Penciolelli : La critique peut être constructive, et c'est celle que je préfère. Les réactions face à un tableau sont diverses et il faut savoir faire le tri. Elles peuvent aussi me bouleverser, alors j'apprends à les décoder.
Pulses-Arts : En dehors de l'esthétisme et de la maîtrise technique au travers de tes œuvres et de ta manière de pratiquer, y a-t-il une volonté chez toi de faire passer un contenu qui peut être philosophique, mystique, politique, etc…
Anne Penciolelli : Mon thème de prédilection est, jusqu'à présent, le corps humain. Non pas, dans son esthétisme, mais dans son rapport à lui-même, à l'autre ou à l'espace qu'il occupe. Je tente par mes peintures de comprendre qui il est.
Pulses-Arts : Quelle place a la pratique de ton art dans ta vie, celle d'une passion, d'un métier, d'un mode de vie, de survie, d'une thérapie, etc.
Anne Penciolelli : Le tout fait bien mon affaire !
Pulses-Arts : Comment définis-tu la place, voire le rôle que tu tiens en tant qu'artiste dans la société ?
Anne Penciolelli : La place de l'artiste au sein d'une société, telle qu'elle se présente aujourd'hui….
Vaste programme et très bonne question. Je sais seulement qu'un monde sans art me ferait horreur. J'entends, sans délicatesse, sans écoute, sans expression……
Pulses-Arts : Si tu ne pouvais plus pratiquer ton art, chercherais-tu d'autres moyens de t'exprimer, et si oui lesquels ?
Anne Penciolelli : Chanter, danser, sentir, voir, toucher et rire ! Je trouverais bien quelque chose.