Interview pulses-arts de Luc Arténo

 

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Pulses-Arts : Qu'est-ce qui t'a amené à pratiquer cet art ?

Luc Arténo : Mon enfance s'est déroulée dans une famille où la musique était omniprésente. Mon père était un mélomane assidu et j'ai été bercé au classique et à la musique baroque. Mes grands-parents maternels, ma mère et de nombreuses personnes de ma famille pratiquaient régulièrement la musique sur divers instruments. De plus, mes grands frères, dans les années 50 et 60, m'ont permis de découvrir la musique anglaise et américaine. J'ai donc tout naturellement eu une oreille bien développée, et bien que je n'ai pas reçu de formation musicale, c'est vers 14-15 ans que j'ai commencé avec des copains à écouter de nombreux groupes, puis vers 16 ans, je me suis acheté ma première guitare et la musique est devenue une très grande passion.

 

Pulses-Arts : Qu'est-ce que tu considères comme les phases essentielles de ton évolution artistique ?

Luc Arténo : Je dois dire que pour moi c'est un peu comme une succession de déclics générés par des musiciens croisés, ou simplement des situations intenables qui m'ont contraint à bouger dans ma vie. Les dix premières années sont de l'apprentissage, le tâtonnement naturel de l'autodidacte, c'est la phase où l'on creuse un sillon ou pas, où l'on commence à construire un univers ou pas. Lorsque l'on est seul à décider du chemin à suivre, seul à croire qu'on a peut-être, au fond, un peu de génie créateur………………..

Cette période fut une phase déterminante où ma foi en moi s'est révélée, alors que mon existence jouait plutôt contre mes choix. Puis mon long voyage en Amérique du Sud a remis les pendules à l'heure et mes choix m'ont permis de consacrer l'essentiel de ma vie à la musique. J'ai évolué dans une succession de formations dont j'ai toujours été fondateur. Mais ma période du grand retour aux sources, avec Gaulois'Blues , mon seul en scène, m'a conforté dans un travail guitaristique personnel qui avait réellement commencé avec le Djab.

Le spectacle Amer Indien fut encore un virage de compositeur-guitariste qui a enrichi plus tard mon travail d'écriture pour mes chansons que je ne cesse de produire.

Enfin je vis actuellement une nouvelle période de travail guitaristique beaucoup plus électrique.

 

Pulses-Arts : Si tu devais formuler une devise pour pratiquer ton art, quelle serait-elle ?

Luc Arténo : Ne laisse jamais s'éteindre la petite flamme qui est en toi !

 

Pulses-Arts : Dans ton processus de création, quels sont les moments les plus vibrants, ceux qui te donnent des ailes ?

Luc Arténo : Quand je reçois de l'intérieur, pendant la découverte des thèmes musicaux qui surgissent de mes doigts, de ma voix. A ce moment-là je compose et dans le même temps, je suis mon propre auditeur, parfois débordé par le flux qui passe en moi. La composition est pour moi une forme d'improvisation exubérante qui me fournit la matière première de mon travail. Dans l'écriture des textes, je suis enthousiaste à une belle idée, mais je ne décolle jamais comme avec la naissance de la musique. Sur scène par contre, l'interprétation du moment à la guitare et au chant peut prendre parfois une résonance particulière et m'amener à une sensation extrême que les musiciens appellent communément « l'état de grâce » et là, c'est super si ça enregistre, car c'est toujours unique !

 

Pulses-Arts :  En tant qu'artiste, peux-tu définir ta relation directe avec le public ?

Luc Arténo : Le contact avec le public est vital pour l'art que je pratique, car sur scène c'est le moment précis où tu donnes en ressentant l'effet que ça fait au public. Toutefois, dans de mauvaises conditions, petites scènes par exemple, la relation peut manquer d'intensité et puis après les concerts il y a souvent d'autres relations où l'on peut refaire le monde autour d'un casse-croûte et c'est toujours enrichissant.

 

Pulses-Arts :  Comment gères-tu la critique en général, et a-t-elle une quelconque influence sur ton travail ?

Luc Arténo : La critique est parfois vive, mais pas toujours à propos. Je pars du principe que si elle me semble de bonne foi, il y a certainement quelque chose à prendre, tout en sachant qu'un point de vue n'est qu'un point de vue. Toutefois je digère quelques trucs de temps en temps et je m'en sers pour évoluer dans mon art.

 

Pulses-Arts :  En dehors de l'esthétisme et de la maîtrise technique au travers de tes œuvres et de ta manière de pratiquer, y a-t-il une volonté chez toi de faire passer un contenu qui peut être philosophique, mystique, politique, etc…

Luc Arténo : C'est clair ! Mes textes de chansons l'attestent. En tout cas, je milite au travers de mon mode de vie et de mes créations pour un monde où l'être humain ne se contente pas de beaux discours, mais participe réellement à tenir sa place d'être lumineux, créatif et conscient de l'universalité, plutôt que de perpétuer ce super prédateur égoïste, prêt à tous les chaos.

 

Pulses-Arts :  Quelle place a la pratique de ton art dans ta vie, celle d'une passion, d'un métier, d'un mode de vie, de survie, d'une thérapie, etc.

 

Luc Arténo : La plus grande place contenant toutes les places énumérées dans la question. Aujourd'hui j'imagine très mal un autre chemin.

 

Pulses-Arts :  Comment définis-tu la place, voire le rôle que tu tiens en tant qu'artiste dans la société ?

 

Luc Arténo : Moi je me considère comme un artisan musicien, un drôle d'oiseau-chanteur qui préserve au mieux sa liberté en chantant à tout vent. Alors mon rôle est celui, je l'espère, d'un bon artisan qui aime le travail bien fait et qui apporte à ses semblables ce que sa nature et son esprit ont bien voulu lui faire passer, et tout comme je me suis enrichi l'esprit avec les artistes que j'ai aimés, ceux qui m'apprécieront s'enrichiront.

 

Pulses-Arts :  Si tu ne pouvais plus pratiquer ton art, chercherais-tu d'autres moyens de t'exprimer, et si oui lesquels ?

Luc Arténo : Oui les arts graphiques dont j'ai déjà tâtés et surtout l'écriture